Henri Baviera et la polychromie en relief
Dans son atelier du vieux Nice, Henri Baviera travaille seul, ou presque, ce qui cache une longue carrière, bien remplie, et une reconnaissance internationale. Après avoir beaucoup imprimé pour l'école de Nice (César, Arman, Cottavoz ...), pour Jacques Matarasso ou les éditions de la Différence, il se consacre aujourd'hui presque entièrement à son oeuvre personnelle.
Avec la complicité éclairée de sa femme, il peint et grave, dans un même geste. Il cherche en effet à obtenir les mêmes effets de couleurs et de matières qu'en peinture. Sa technique, qu'il a lui-même conçue, bien que proche du procédé Goetz, ne doit pas être confondue avec la gravure au carborundum. Pour ses polychromies en relief, Henri Baviera utilise une pâte, humide ou sèche, qu'il applique sur la plaque et travaille un peu comme un sculpteur. Sur cette surface en creux et en relief, il applique la couleur comme un peintre, à l'aide d'un ballon qui épouse mieux les formes. Un travail long et minutieux, qui ne permet pas de nombreux tirages, et exige l'utilisation d'une presse spéciale. La technique, c'est une chose ; le résultat, c'en est une autre, et qui doit transcender la première. Ces oeuvres aux noms exotiques font penser à des planètes imaginaires. |
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Appelées par Françoise Armenguaud "Archéologies de l'imaginaire", elles évoquent un univers minéral. Imprimées sur papier chiffon et gaufré, ces compositions attirent le doigt autant que le regard. OEuvres fortes, parce qu'elles gardent la trace d'une matière passée au crible des émotions. La surface, la ligne et la couleur s'imbriquent pour construire un espace-paysage très suggestif, ouvrant sur les territoires intérieurs de l'artiste et par là-même nous mettent en contact avec les nôtres.